Pour que rien ne change, il faut que tout change …

Comme tous les produits Oolaloop Editions, Napkiss a fait l’objet d’une étude poussée pour répondre à un cahier des charges environnemental et socio-économique en adéquation avec nos attentes. Notre approche doit nous permettre de trouver le point d’équilibre entre les conséquences environnementales, économiques et sociales de nos choix. Nous estimons important de donner accès à toutes les étapes de notre réflexion. Elles montrent et justifient les choix que nous avons privilégiés.

 

Chanvre de manille et carton recyclé :
Un concept inédit où design et environnement sont au cœur du projet

L’usage de la serviette en papier jetable a été repensé, afin d’en réduire au maximum l’impact environnemental. Les étapes de conception, production et logistique se référent au concept des 3R, sans renoncer à l’esthétique et à la fonctionnalité du produit.




Réduire*

  • Réduction de la quantité de matière utilisée pour un usage identique.
  • Réduction du poids et du volume transportés. Réduction des déchets.
  • 98% de réduction de la surface à imprimer  : l’effet décoratif est obtenu par l’impression de la boîte et non des serviettes. La quantité d’encre utilisée et rejetée dans l’environnement est réduite au minimum.

* Comparaison d’une boîte de 100 NAPKISS® avec un paquet
de 100 serviettes cocktail



Réutiliser

  • Les boîtes sont rechargeables et conçues en carton suffisamment épais pour être utilisées plusieurs fois.
  • Des éditions limitées saisonnières, signées par des graphistes et des designers reconnus, dans l’esprit de collections à thème donneront envie de collectionner les boites et de les conserver plus longtemps.


Recycler

  • Les boîtes et les cartons d’expédition sont issus de filières de recyclage.
  • NAPKISS® pourra être recyclée ou compostée, retournant ainsi à la terre pour faire pousser une tomate, un concombre, de l’herbe, un pommier …


Une boîte en carton recyclé : l’utilisation de matières premières recyclées en question

Le choix d’étuis et de cartons de conditionnement issus du recyclage a été l’objet de nombreux débats. En terme de développement durable, il n’y a pas de solutions évidentes. Le recyclage du papier nécessite des quantités importantes d’eau et des procédés de désencrage polluants. Selon la qualité du papier récupéré, les procédés de transformation vont générer des quantités plus ou moins importantes de boues chargées en matières polluantes, des métaux lourds notamment, présentes à l’origine dans les encres d’impression. Il faut alors observer les avantages et les inconvénients du recyclage poste par poste.

En savoir +


Nous avons fait le choix du carton recyclé en nous basant tout d’abord sur des ACV (Analyse de Cycle de Vie) comparant les impacts sur l’environnement de la production de carton à partir de cellulose vierge issue du bois, et celle à partir de papier graphique (papier imprimé). Les comparaisons portant sur la consommation en énergie et en eau, les rejets dans l’eau et l’atmosphère, montrent un avantage net pour le recyclage du papier graphique peu ou moyennement encré. En effet, le résultat du bilan environnemental du recyclage du papier varie sensiblement selon deux critères majeurs :

  • La qualité du papier graphique récupéré, notamment s’il est peu ou très encré.
  • Son lieu de collecte et les distances parcourues jusqu’aux usines de transformation ou au centre d’incinération dans le cas d’une valorisation énergétique.



source : « Recyclage des papiers graphiques » 2004 – Ademe.

Nous utilisons un carton recyclé issu de papiers peu encrés et de chutes d’imprimerie non imprimées. Ces dernières rentrent dans la catégorie de la réutilisation et non du recyclage, elles présentent en effet des caractéristiques techniques et physiques similaires à la fibre de bois et ne nécessite pas de désencrage pour produire à nouveau du papier.

D’un point de vue économique, le recyclage des papiers et cartons est une filière de plus en plus importante en raison des très grandes quantités de papiers issus de cellulose vierge consommées quotidiennement dans les pays riches (75 kg par an et par employé de bureau en Europe occidentale).

Les quantités récupérées ne cessent d’augmenter pour des raisons réglementaires et légales, notamment l’application de la directive Déchet de l’Union Européenne (2010) mais aussi par l’intégration de bonnes pratiques, ici de tri pour le recyclage, de la part des ménages et des entreprises.

La France produit aujourd’hui plus de papier et cartons recyclés que le marché domestique n’en consomme. L’exportation des excédents n’est qu’une solution à court-terme, en raison notamment des conséquences environnementales dues au transport. Pourtant le carton et le papier recyclés présentent dorénavant des qualités similaires à ceux issus de cellulose vierge.

Concevoir un bel objet à partir d’une matière souvent considérée comme moins noble c’est aussi participer à la valorisation de cette filière.

Enfin, le choix du carton recyclé fait appel à la notion de upcycling. Ce qui était perçu comme un déchet devient une matière à nouveau première. Sa seconde vie présente, pour nous, tout autant si ce n’est plus d’intérêt.

Les encres d’imprimerie utilisées pour les boîtes Napkiss

Nous utilisons des encres végétales pour les impressions en Offset et nous travaillons avec une imprimerie certifiée iso 14001 pour les étuis imprimés en sérigraphie.

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L’impact environnemental des encres et vernis d’imprimerie[1] est principalement du :

  • À la présence de métaux lourds dans la composition des pigments.
  • A l’utilisation de solvants dans l’ensemble du processus et pour le nettoyage des machines.
  • À la libération de C.O.V. (Composés Organiques Volatiles) contenus dans les solvants et libérés lors du séchage des encres et vernis.
  • A certains additifs comme le phtalate, dérivé pétrochimique hautement toxique, et permettant d’épaissir les encres d’imprimerie. Les qualités plastiques de la formulation après addition de phtalate permettent un meilleur encrage des rouleaux d’impression et une meilleure impression.


Le bilan environnemental de l’impression varie ensuite selon la technique utilisée. Selon le rendu final souhaité, les étuis Napkiss sont imprimés soit en offset, soit en sérigraphie. Ces deux procédés utilisent des encres à la composition physico-chimique différente.

Offset :

Notre imprimeur pour les motifs en offset travaille uniquement avec des encres végétales montrant aujourd’hui le plus faible impact environnemental.

Sérigraphie :

L’impression en sérigraphie des étuis Napkiss est réalisée dans une imprimerie certifiée ISO 14001, une certification dédiée au management environnemental. Elle couvre un spectre plus large que le seul label Imprim’vert portant a minima sur le recyclage des encres et des chutes de papiers. La démarche ISO 14001 est un engagement par étape de la PME vers une diminution de l’ensemble des impacts environnementaux générés par son activité. Les encres et additifs utilisés au cours du processus d’impression sont traités par des entreprises spécialisées de recyclage. L’entreprise fait l’objet de contrôle in situ réguliers par des observateurs indépendants.

Des encres à base aqueuse sont en cours de développement pour l’impression en sérigraphie. Elles présentent des taux nuls ou faibles (< 10%) de solvants dans leur composition.

 


[1] Compositions des encres d’imprimerie :


  • Liants : polymère organique.
  • Additifs : modifient les caractéristiques et/ou apportent des propriétés nouvelles à la formulation (dilution facilitant l’incorporation homogène des pigments)
  • Matières pulvérulentes ou pigments : ils sont combinés aux matières de charge pour un renforcement mécanique ou pour s’assurer d’un maintien des qualités de la formulation dans le temps. Ils sont, en grande majorité, issus de la pétrochimie.
  • Solvants : Ce sont des composés chimiques volatiles qui apportent des propriétés de fuidité facilitant l’impression et la qualité de cette dernière. Leur présence résiduelle nuirait à la qualité et à la durabilité de l’impression ; ils sont donc éliminés du produit fini par évaporation lors du séchage. Les solvants conventionnels sont soit des hydrocarbures, des solvants oxigénés, azotés ou chlorés (usage très limité en raison de réglementations plus strictes) et ceux de la famille des carbonates.


L’abaca ou chanvre de Manille : la matière première des serviettes

L’abaca ou chanvre de Manille est une plante indigène des Philippines. De la famille des bananiers (Musa Textilis) l’abaca produit une fibre aux qualités exceptionnelles en terme de légèreté, de résistance et de longueur.

En savoir +

L’abaca est cultivé dans l’archipel depuis le XVe siècle. Elle connaitra son essor au XIXe siècle notamment pour l’industrie du cordage maritime.

Les Philippines représentent encore aujourd’hui 90 % de la production mondiale soit environ 70 000 tonnes par an.

A partir des années 1960, la progression des parts de marché des fibres synthétiques a provoqué une baisse importante de la consommation des fibres naturelles en général et de l’abaca en particulier. Une des conséquences notables fut la baisse des revenus des familles exploitant des petites parcelles d’abaca. Récoltée à la main, la fibre d’abaca constituait jusqu’alors un complément de revenu essentiel pour la petite paysannerie philippine. Au cours des années 1990, d’autres débouchés furent cherchés :

Pour la fibre, les nouveaux débouchés sont majoritairement dans l’industrie automobile en raison de la grande résistance de l’abaca. Mais c’est la pulpe, présentant des qualités essentielles pour les papiers-filtres (filtres à café, sachets à thé,…) qui constitue aujourd’hui le marché principal pour l’abaca. C’est cette dernière qui est utilisée pour Napkiss. Elle est non blanchie et sans adjonction de synthétique thermoplastiques comme nécessaire dans la fabrication de filtre fermés par thermosoudure. La matière première est transportée en bateau jusqu’en Bretagne où elle est transformée en papier.

Si ces nouveaux débouchés ont permis à la population philippine rurale de maintenir des revenus décents, elle n’est pas sans impacts sur l’environnement.

La production intensive de fibre et de pulpe d’abaca montre, en effet, des conséquences importantes notamment en terme de perte de biodiversité en raison de la concurrence foncière avec les massifs de forêts primaires ou secondaires aux Philippines.

Le changement d’usage des sols et la dégradation de la couverture en forêts primaires et secondaires ont sensiblement favorisé les inondations dévastatrices que connu l’archipel au cours des années 1990 et 2000. Le gouvernement philippin a alors essayé d’implanter des essences non indigènes à croissance rapide pour limiter l’érosion des sols. Cependant cette initiative a provoqué l’appauvrissement nutritif des terres arables. L’abaca, plante indigène, si elle est bien utilisée – plantation mixte notamment dans les cocoteraies – permet de limiter cet appauvrissement des sols. L’abaca ne nécessitant peu ou pas d’amendements, cette culture mixte préserve les qualités physiques du sol en limitant les phénomènes de ruissellement et d’érosion.

L’utilisation bien pensée de cette plante indigène permet alors de trouver un point d’équilibre entre les intérêts économiques et environnementaux.

Faire localement

Nous collaborons avec trois PME française pour produire Napkiss. C’est en Bretagne que la pulpe d’abaca est transformée. Les étuis sont imprimés et découpés par une imprimerie parisienne.

Enfin, c’est dans une PME de la région Centre que les serviettes sont découpées, pliées, mises en boîtes et conditionnées pour les livraisons dans tous le pays. Cette plateforme logistique centrale nous permet de fournir les revendeurs en limitant les transports au maximum.

Bibliographie

En savoir +

Auteurs multiples, Recyclage des emballages papier-carton et des papiers graphiques, Bilan environnemental sur les filières de recyclage : l’état des connaissances ACV, Ademe Bio intelligence service, mai 2002.

Auteurs multiples, Schéma de maîtrise des émissions de Composés organiques-volatils – Secteur des peintures, vernis, encres d’imprimerie, colles et adhésifs, Ademe – Fipec, 2004.

Bande (M. M.), Development of Sustainable Abaca (Musa Textilis) – Production in a diversified multi-strata agroecosystems in Leyte, The Philippines, (Master Thesis), University of Hohenheim, Stuttgart, 2004.

Moger (T. E-C), An Environmental Review of the Printing Industry, School of Earth & Environment, University of Leeds, Leeds, 2008.

Organisation des Nations-Unies, « 2009 : année des fibres naturelles », site internet dédié.

Van Dam (J. E.G.), Bos (H. L.), The environmental impact of fibre crops in industrials applications, (rapport), FAO Food Administration Organization, 2005.